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Sadb

Pour le festival du « Printemps des Légendes » qui a eu lieu en avril à Monthermé, j’ai réalisé deux costumes. La robe noire Ivy, dont je vous parlais précédemment, et celui-ci au design assez différent de tout ce que j’ai fait jusqu’à présent !
Il se compose d’une robe simple de couleur seigle à porter en dessous d’une sorte de bliaud rouille, tous deux serrés par un corset en cuir marron, lacé devant et derrière.

Cliquez pour voir la galerie « Sadb »

Le tissu employé pour le bliaud et la sous robe est super, fin et brut en même temps. Au départ, j’étais partie sur du lin mais ce n’était pas assez lourd pour la fluidité que je voulais obtenir. Je voulais pourtant rester dans quelque chose d’assez similaire visuellement et qui ne demanderait pas un gros travail pour avoir l’air « authentique » (celui-ci à un tissage grossier et texturé comme la soie sauvage). Je ne voulais pas non plus de tissu trop épais car deux robes superposées à l’approche de la saison chaude, il faut pouvoir les supporter! Je suis tombée sur cette matière au moment où j’allais quitter le marché les mains vides ! Impossible de me souvenir de ce que c’est, un mélange coton-polyester je crois… Finalement, ce fut le choix de la couleur le plus difficile. J’étais partie pour un bordeaux/marron et ai du reconsidérer la chose devant ce nouveau tissu, et croyez le ou non : c’est le orange qui m’a le plus attiré! Et cela m’a crée un vrai cas de conscience…
J’ai une aversion complète et revendiquée pour le orange. Je n’en porte jamais et il n’y a rien de cette couleur chez moi, pas même la tranche d’un livre. Sauf rares exceptions, ce n’est pas une teinte vers laquelle je vais naturellement, et je n’avais aucune idée de si cela m’ irait d’en porter. Après moult hésitation, j’ai décrété que c’était un rouille foncé et ça a aidé à faire passer la pilule. Je ne regrette absolument pas ce choix, j’aime d’ailleurs assez ce changement qui m’a fait réfléchir à de nombreux égards. C’est vrai, puis-je vraiment me permettre de boycotter une palette de couleurs? Est-ce que ce n’est pas me priver de beaucoup d’associations? Quand je pense aux costumes de certaines cultures que j’ai envie d’approcher, il y a des teintes qui sont incontournables…

Galerie alternative
Croquis conceptuel, Printemps des légendes 2010…

Une fois n’est pas coutume, je me suis un peu écartée du croquis de départ. Le principal fautif étant, comme toujours quand je m’y prends à la dernière minute, le manque de temps pour broder et/ou emperler. Pour ce qui est des manches, l’idée des grosses fronces s’est substituée à celle du croquis en cours de réalisation. Je pense qu’avoir visionné L’anneau sacré à cette période n’y est pas pour rien… Et ça tombe plutôt bien car je voulais quelque chose d’un peu plus « exotique » que d’habitude !
J’aime que, pour une fois, ces robes ne soient pas serrées de partout. Elles sont larges et sans fermeture, s’enfilent rapidement par la tête, et c’est le corset qui se charge de faire ressortir la taille et de donner une forme agréable à l’ensemble.

Vous pouvez le voir en détail dans sa galerie, ici.
C’était une première pour moi de travailler du vrai cuir. Je l’ai acheté aux médiévales de Provins l’année dernière, il est souple et doux : un vrai bonheur… qui s’est accompagné de pas mal de contretemps. J’ai voulu travailler ce serre-taille comme un corset en tissu, du coup je n’avais pas le matériel adéquat pour percer cette épaisseur. Mais je me suis quand même débrouillée et je suis très fière du résultat!

« Sadb »?

Ayant de plus en plus de difficulté à trouver des noms pour mes créations textiles (pour Morgane c’était facile et pour Ocean, je reconnais que je ne me suis pas bien foulée… ) je me suis tournée vers un corpus de textes qui contient les plus jolis prénoms qui soient : celui des légendes irlandaises.  Sadb est la jeune femme transformée en cerf que rencontre Finn dans The enchanted deer, un de mes récits préférés. Je trouve qu’il va très bien à ce costumes 3 pièces qui, je l’espère, vous plaira!

*Le pendentif rigolo à tête d’arbre est signé  Les Ärbrölds, créateurs super sympas rencontrés au festival. Le bracelet en cuir vient de L’Atelier de Sherwood, et la ceinture tressée, en cuir également, je l’ai acheté à Provins dans une échoppe dont je ne parviens pas à me souvenir du nom (si quelqu’un le sait…)

Saloon

Voici mon premier authentique corset victorien. Je l’ai réalisé à partir d’un patron paru pour la première fois en 1886 dans l’équivalant allemand du Harpers Bazzar. J’ai du utiliser 3 tailles de patron différentes pour qu’il soit à mes mesures et ai fini par le faire un peu trop long mais, peu importe, je suis très fière de ce travail^^.
Il est intégralement en soie sauvage (doublure et modestie comprises) et est renforcé par une triplure en coton. La dentelle au crochet qui orne son décolleté est agrémentée d’un fin ruban de satin noir noué sur le devant, son design est inspiré de design victorien. Je n’ai pas de photographie portée où le corset soit suffisamment visible, j’en prendrais dès que possible. Il est très ouvert dans le dos (je me suis d’ailleurs retrouvée un peu juste en ruban) et peut se porter avec ou sans sa modestie. Lorsque je l’ai porté à une soirée samedi dernier, on m’a dit que l’ensemble faisait penser aux costumes de ces filles dans les saloons du far west, j’ai donc décidé de l’appeler « Saloon » (parce que bon, l’air de rien, j’ai un problème avec les noms)!

Quelques mots sur le corset

Revenir sur l’histoire détaillée du corset n’est pas mon intention mais je suis tellement intriguée par cette petite chose que j’ai eu envie d’en parler un peu avec vous, avec de jolies photos. Le corset est un sujet fascinant et une pièce tout à fait passionnante à réaliser. J’en ai justement deux sur le grill qui devraient être terminés pour la mi juin. L’un tout à fait victorien, et l’autre d’inspiration beaucoup plus fantaisiste, libérée de toute contrainte, et qui servira à orner une robe de cour pré médiévale. Du coup, je me replonge dans mes bouquins et dans la contemplation des collections du Kyoto Costume Institute et du Musée Galliera. Et je compare tout ça avec les créations de nos modistes actuels…
Ce qui me plait dans le corset c’est que, plus que tout autre pièce vestimentaire, il a ce côté « oeuvre d’art »  et « petit bijoux ». Il existe des corsets tellement décorés, tellement magnifiques qu’on se garderait bien de les porter! Et à l’inverse, on peut aujourd’hui, grâce à la liberté des modes, en simplifier la forme jusqu’à en faire un élément entre le serre-taille et le obi japonais. Les designers de costumes pour le cinéma l’ont d’ailleurs bien compris; contrairement à sa réputation de tortionnaire rigide, le corset est aujourd’hui un concept d’une souplesse absolue qui peut aussi bien habiller une princesse pré médiévale telle que Morgane ou Eowyn (je rappelle que le corset n’existait pas au moyen age), ou une reine d’une planète lointaine telle que Padmé Amidala.

Petit retour sur l’évolution du corset, en Europe… (les photos s’accompagnent de leur descriptif lorsque vous cliquez dessus)

16eme siècle - Le véritable corset baleiné apparaît à la cour d’Espagne au 16eme siècle (avant lui le corset était intégralement en fer!). Il ne sera d’ailleurs appelé « corset » que tardivement, portant jusqu’à la fin du 18ème siècle le nom de « corps » ou « corps à baleine ». Il est alors de forme conique, rigidifiant la silhouette sans mettre ses courbes en valeur mais s’occupant plutôt de les aplatir à l’image de la silhouette masculine. Il est doté de véritables fanons de baleine (chez les plus riches), ou d’osier.

17eme siècle – Le corset demeure conique mais la silhouette de la femme est moins raide, moins rembourrée, la rigidité semble être abandonnée pour un temps et les épaules se dégagent. Le corset est souvent porté avec des bretelles et il se termine en pointe sur le devant.

18ème siècle – La forme conique perdure mais les corsages, davantage décolletés, mettent en valeur la poitrine, avec le concours du corset qui la fait gonfler vers le haut. La notion de mode au sens où on l’entend aujourd’hui apparaît réellement à cette époque, dans le faste de la cour de France. Les corsages s’agrémentent d’une pièce d‘estomac épinglée sur le corset. La pièce d’estomac est richement décorée, le corset demeure caché. En association avec les paniers placés sous les jupes, il sculpte la silhouette.

-disparition du corset après la révolution-

19ème siècle – Retour du corset, cette fois ci radicalement différent. Au court du 19ème siècle, le corset va beaucoup évoluer. Vers le milieu du siècle, les baleines véritables seront remplacées par du fer puis par de l’acier.
La mise en valeur des formes pour laquelle il est connu apparaît à cette époque. Les bretelles disparaissant peu à peu, il prend la forme d’un sablier, creusant la taille, soutenant la poitrine, et recouvrant les hanches.
La forme la plus célèbre et la plus utilisée aujourd’hui est celle du corset victorien. Recouvrant à peine la poitrine, et descendant plus ou moins sur le ventre et les hanches, il s’ouvre généralement sur le devant grâce à une attache busc.
A la fin du siècle le corset décent sous la poitrine et par-dessus les hanches, aplatissant le ventre et faisant ressortit les fesses pour donner au corps la forme d’un S. Cette modification sera poursuivie à l’époque Edwardienne (20ème siècle), mais il aplatira plutôt les fesses (ce sont les corsets que vous voyez dans le film Titanic, par exemple). Puis il disparaitra au profit du soutien-gorge et de la gaine au début des années 30.

Plus qu’un sous-vêtement, le corset est un outil destiné à la modification du corps. Que ce soit pour dissimuler les attributs féminins ou les mettre en valeur, il s’associe à d’autres outils (paniers, faux-culs, crinolines, tournures) pour sculpter une silhouette dictée par la coquetterie des femmes et le regard des hommes. Il ne s’affuble qu’à la fin de sa vie de cette réputation de « dessous affriolant » qui marquera son image jusqu’à aujourd’hui.
De nos jours, non plus soumis aux dictats de la société, il est l’outil d’une femme libérée. Vrai caméléon, il se « plie» (il est en effet moins baleiné) à toutes les envies, et, passant de dessous à dessus, il se décore allègrement. Ramené en force par les modes vestimentaires gothique et pin-up, il charrie une image imprégnée aussi bien du romantisme de l’ère victorienne que de l’érotisme de ses boudoirs et de ses cabarets. Les photographes se l’approprient et il devient le centre de fantastiques compositions burlesques et rococo, très à la mode en ce moment.

Je vous conseille vivement la visite du site periodcorsets.com , atelier de reproduction de dessous historiques. Sa section « corsets » permet de voir de façon très claire les différentes formes époque par époque, du corset renaissance à celui d’aujourd’hui.

Crédits iconographiques des corsets contemporains :
http://www.volutecorsets.com/
http://www.fairygothmother.co.uk/
http://skingraftdesigns.com/
http://www.antisepticfashion.com/
http://www.olivier-chauvignat.info/
666 photography
http://www.andyjulia.com/

Smoke

Chose promis, chose due : petit retour sur un costume « Sleepy Hollow’esque » (inspiré de), avec principalement cette jupe 18ème siècle dont je ne suis pas peu fière.
La petite histoire est que je devais me faire un costume pour Halloween sur le thème « horreur & fantastique au 18ème ». Je pars donc dans l’idée d’une Banshee; Il me faut un costume d’époque, que je ternirais et vieillirais un peu (sans avoir à coeur d’en faire des lambeaux non plus^^’), le maquillage ferait le reste.

Au fur et à mesure de la création, le costume a évolué. J’ai supprimé la surjupe en dentelle noire (j’sais pas si vous connaissez le prix d’une belle dentelle^^’), et me suis inspiré de la jupe bleu du personnage de Katrina dans Sleepy Hollow, celle avec l’applique en organza sur le devant que j’ai remplacé par de la dentelle noire. J’ai ajouté plus de longueur sur l’arrière pour avoir une petite traine.

Cliquez pour voir la galerie « Smoke »

J’ai été surprise du bonheur que ça a été de la coudre et avec quelle facilité je l’ai faite! J’aime toujours autant travailler le taffetas, c’est un tissu délicat mais suffisamment robuste pour avoir une bonne prise sur la machine, il donne un beau volume et possède de merveilleux reflets!
Pour ce qui est du haut, le costume a évolué en un corset de velours brodé noir, garni de dentelle. Je me suis inspirée des formes de l’ époque mais y ai mis très peu de baleine (4 ou6) et il en manque bien 2/4 pour tendre davantage le tissu. Mais le maintien est plus clément comme ça, le corset est souple et plus agréable à porter. Le temps m’a fait défaut pour finir le corsage rayé mais je compte bien finir tout ça un jour!

Galerie alternative
Croquis conceptuel, divers…

Spark

Il y a quelques semaines, la boutique où je travaille m’a commandé un costume pour une des vitrines de Noël. La définition de la demande comprenait les termes: dîner class’, robe corsetée, ballerine chic, Jean Paul Gaultier… Quelque chose s’alliant aux couleurs de la collection d’hiver, à savoir : le noir, l’argent, le blanc. J’ai immédiatement pensé « corset, soie, tulle, gris, cristal… » et me suis attelée aux premiers griffonnages, histoire de voir comment ça pourrait prendre forme.
Un premier concept à crinoline a été envisagé, laissant apparaitre toute une armature de métal. Mais faute de temps il fut abandonné au profit d’une robe plus sobre, moins étouffante pour l’ensemble de la vitrine. Et je me suis autorisé plus de folies sur le corset!

Résultat: un corset précieux, d’inspiration victorienne, avec goussets, jeu de matière, et dentelle! Extérieur: soie sauvage rosée alternée de taffetas de soie gris anthracite, et dentelle ancienne chinée en brocante.
Doublure entièrement en soie sauvage, triplure en toile tailleur. Baleines en acier spiralé, attache ventrale « busc », et laçage dos avec deux mètres de tresses celtique en fil de soie (tressés par mes soins). Sa confection a du me prendre une vingtaine d’heures. Mais je débute dans le corset et ne suis pas encore très rapide!

Spark

La robe a été moulée sur place avec une mousseline argent et une tulle grise, et fixée sur le buste à l’aide d’épingles. Le concept initial comportait aussi l’apport de perles de cristal sur la partie robe. Mais je n’ai pas eu le temps de les broder.
Spark est le nom que j’ai donné à l’ensemble; Cela signifie « Étincelle ». Je n’aurai plus qu’à reprendre la doublure du corset avec du ruban pour rendre le port des baleines moins agressif et les consolider, et le corset sera définitivement fini!

Installation