Le secret de Moonacre

Classé dans : Inspirations | 4

Il y a de cela quelques mois, en me baladant sur mon site préféré, je suis tombée sur le nom d’un film de fantasy totalement inconnu au bataillon, mais dont les costumes semblaient être emprunts d’un charme fou. Après quelques recherches je découvre qu’il s’agit d’une production pour la jeunesse avec la jeune et prometteuse Dakota Blue Richards (La croisée des mondes) et Ioan Gruffudd (Le roi Arthur, Les 4 fantastiques), et réalisée par Gabor Csupo à qui l’on doit Le secret de Térabithia. Le secret de Moonacre est l’adaptation d’un roman d’Elizabeth Goudge réputé très naïf, je pars donc avec un très gros a priori mais me dis qu’un peu de fraîche naïveté ne me fera pas de mal, et surtout la bande-annonce me donne une furieuse envie de voir ces costumes évoluer sous toutes les coutures.
Je vous parlerais peu du film car disons le… c’est un mauvais film. C’est cul-cul à souhait et l’histoire est cousue de fils blancs. On a presque de la peine pour la jolie Dakota qui lutte de toutes ses forces pour porter le film à elle toute seule (oui les autres acteurs ont décidé qu’ils ne l’aideraient pas). Cependant, j’avoue m’être régalée pendant les premières 20 minutes…


Lorsque la jeune Maria Merryweather découvre que son père n’a rien laissé à sa mort qu’un vieux livre poussiéreux, elle se voit forcée d’aller vivre chez un oncle  qu’elle ne connait pas au manoir Moonacre. Toutes soieries et froufrous dehors, et flanquée d’une gouvernante haute en couleurs, elle débarque donc dans la lointaine contrée juste à temps pour se faire agresser par une bande de voyous steampunk auxquels elle réchappe de peu. La tête de l’oncle quand il voit débarquer ces deux emmerdeuses en puissance ! Il est évident qu’il  n’a aucune envie qu’elles viennent troubler sa tranquillité d’ours des cavernes mal léché et il ne se gène pas pour le leur faire savoir. Charmant !  Les échanges sont savoureux, la gamine et le Gruffudd sont très bons dans ce registre.

Sir Benjamin Merryweather : Sacrebleu! Un homme ne peut-il pas profiter d’un repas en silence dans sa propre maison?!
Miss Heliotrope : …
Maria Merryweather : Mon oncle, pourquoi inviter des femmes aussi agaçantes et bruyantes dans votre tranquille demeure? J’aimerais bien savoir!
Sir Benjamin : Mon inutile frère étant mort, c’était mon devoir que de vous accueillir. C’était un lâche et un bon à rien qui devait de l’argent à la moitié de son régiment et qui s’est fait trucider dans un tripot.

Tiens ma fille, prends ça m’fait plaisir. T’es contente d’avoir demandé j’suis sure.
Ensuite, on visite le manoir, qui aurait besoin d’un coup de peinture mais qui a quand même bien la classe rapport à ce que c’est un manoir quoi, et voilà que l’oncle nous claque la chambre aux merveilles… Ouais celle dont nous avons tous et toute rêvé étant enfant, avec étoiles filantes intégrées au plafond, cheminée à passage secret et distribution de gâteau automatique au réveil. Y aurait-il pas un peu de magie dans l’air mon bon monsieur? Et d’abord qu’est-ce que vous nous cachez derrière cet air sévère et ce manteau bien chic ?
Évidemment le film va commencer à nous l’expliquer et ça va être le début du grand n’importe quoi, du ridicule, et du pas passionnant pour un sous. Finalement le film n’a d’intérêt que pour ses costumes, car eux sont sacrément réussis ! Chaque apparition du personnage de Maria Merryweather est attendue au tournant car à chaque fois c’est une nouvelle tuerie vestimentaire. Le film en cela est un régal de bout en bout. Notez aussi qu’il y a de beaux plans et d’assez jolies prises de vues.

  • Les costumes
    Beatrix Aruna Pasztor réinvente la mode victorienne

Beatrix Aruna Pasztor a bien potassé, elle connait les codes de l’époque sur le bout des doigts et les détourne de façon originale et délicieuse. Les robes de Maria se caractérisent ainsi par une encolure extravagante se terminant en pointe et exposant la gorge où repose toujours un bel ensemble de rubans et de perles, et (c’est le plus fort) la tournure est portée à l’extérieur! Elle est apparente, si si, carrément. Construite en accord avec les tons et les matières de la robe, elle s’agrémente d’une profusion de rubans et de tissus qui bougent avec elle quand l’actrice se déplace, créant un mouvement de ressort à l’arrière du costume qui s’avère très joli, amusant, et confère plus de caractère au personnage, comme une petite touche effrontée. Passée la surprise, on ne peut qu’être sous le charme!
Mais ce qui caractérise le plus les costumes du Secret de Moonacre, c’est le mélange. Beatrix Aruna Pasztor a un don que vous et moi n’avons pas : quand elle marie différentes teintes de verts avec de l’ocre, des motifs floraux et du tartan, et bien ça fait joli. C’est sur le point de ne ressembler à rien, ça prend la direction du mauvais goût mais y échappe toujours! La costumière joue les équilibristes et réussie son exercice même quand elle va apporter des touches médiévales ou steampunk à certaines tenues (même si j’aime un peu moins). L’ensemble est très frais et travaillé; un régal qui vaut à lui seul le déplacement en salles obscures et l’achat du DVD.

Pour ma part, j’ai adoré toutes les tenues de Maria. Celles à tournure apparente d’abord, en moire, soie ou taffetas : la noire (sublime), la bleu et la rose (deux variantes d’un même modèle), ensuite la verte et sa traine vertigineuse, mais aussi celle en velours rouge aux accents plus médiévaux, et puis la chemise de nuit avec sa veste aux motifs de toile de Jouy. J’ai trouvé Benjamin Merryweather assez stylé aussi, et la gouvernante lookée de façon très amusante. Par contre, j’ai un peu moins aimé les tenues de Loveday…

Maria Merryweather

[nggallery id=3]

Sir Benjamin, Loveday, Miss Heliotrope, et les voyous steampunk

[nggallery id=4]

Le film : [rating=2] Les costumes : [rating=5]

Réalisé par Gabor Csupo
D’après le roman The little white horse d’ Elizabeth Goudge
Avec Dakota Blue Richards, Ioan Gruffudd, Tim Cury, Natasha McElhone, Juliet Stevenson…
2009

Screencaps issus de Lovely Dakota Blue

4 Réponses

  1. Je suis bien contente de l’avoir vue rien que pour ces robes magnifiques !(même si je me suis fait engueuler à cause de ma clavicule :-D)

  2. Thanx pour cet article :)
    J’avais entrevu l’affiche de ce film dans le métro, mais j’ai pas dû la regarder plus de deux secondes avant de me détourner avec un soupir irrité… Mais c’est vrai que les costumes, au contraire, accrochent bien le regard – j’aime beaucoup celui de Robin, dans son genre. Un bel aperçu !

  3. C’est marrant, hier encore, je regardais la bande annonce rien que pour voir les costumes que je trouvais étonnants et superbes. Rien qu’à voir la ba, je me disais que ça pouvait tourner au nanard… Visiblement c’est le cas :s… dommage que ça n’ait pas été à la hauteur de la création des costumes ! En tout cas merci pour ce petit détaillé :D

  4. Contente que le ptit article vous ait plu! C’est le problème avec ce genre de productions, on passe à côté du travail des créa costume et décor qui méritaient franchement un bon scénario quoi!^^’
    Mais honnêtement, je ne regrette ni le déplacement ni l’argent dépensé pour aller le voir au cinoche. Voir ces costumes en grand était un vrai bonheur. Et le début du film est pas trop mal.
    La costumière a, de mémoire, faut une seule incursion dans le costume d’époque avant ce film. C’était pour « Vanity Fair ». Elle s’en était déjà pas trop mal tiré, mais du coup là je vais bien surveiller son taf ;)

Laissez un commentaire