Mon année 2015

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     Avant que l’on entre trop dans 2016, je m’adonne au traditionnel billet-bilan sur l’année qui vient de s’écouler. J’ai la volonté, depuis un moment, de partager avec vous un peu plus l’envers du décor et en cela je veux dire ma façon de travailler mais aussi mon évolution en tant qu’entrepreneuse. Ce billet c’est une façon de revenir sur les leçons que j’ai tiré de l’année 2015, et cette année a été synonyme de quelques changements et d’évènements importants pour la boutique. Voici, entre autres, ce que je trouve intéressant à relever…

lorliaswood_mon_annee_2015

En 2015, j’ai :

1) Arrêté de prendre des commandes de costume

Ça été, bien évidemment, le plus gros changement de 2015. Je vous en donne les raisons dans ce billet : Pourquoi je ne prends plus de commande de costume ?
Conséquences ?
Moins de chiffre d’affaire (logique, pas les même sommes), mais quasi autant de bénéfice (pas les même dépenses non plus), ce qui me conforte dans l’idée que je ne me payais pas correctement à l’époque où je faisais des costumes, et que j’ai bien fait d’arrêter. Les conséquences pour la boutique et pour moi (stress, vie sociale etc.) sont positives.

2) J’ai été suivie par un organisme régional

En 2015 j’ai fait une demande de suivis auprès d’un organisme dédié à l’aide aux entrepreneurs. Concrètement, j’ai signé un contrat qui m’a engagé à me présenter à des entretiens et à réaliser certains objectifs.
Voici les bénéfices que j’en ai tirés
Pour quelqu’un comme moi : petit entrepreneuse, autodidacte, avec quelques doutes ; ces entretiens et ces objectifs m’ont grandement aidé en premier lieu à me sentir entrepreneur. A ne plus douter de ma légitimité en tant qu’artisane ayant créé son propre emploi. Ça n’a pas l’air comme ça mais travailler chez soi et pour soi est très difficile ; déjà en terme d’autodiscipline, mais aussi en terme de crédibilité. Alors quand on se sent plus légitime dans ce que l’on fait, et bien on le fait mieux, et on s’y sent mieux.
Avoir des « comptes à rendre », aide aussi à mieux se focaliser. On découvre des pistes de travail et de développement auxquelles on n’aurait peut-être pas pensé seul. On découvre aussi un certain nombre de droits dont on ignorait tout (parce que, même quand on s’inscrit à la chambre des métiers et qu’on en suit la formation, on n’en ressort pas avec la liste de tout ce à quoi on a le droit (aides, formations). Ces choses sont comme secrètes et transmises au compte goutte…)
Enfin, ce suivi m’a encouragée à démarcher des boutiques de revendeurs et, ainsi, en 2015, j’ai :

3) Eu mon premier point de vente en boutique.

boutique_lorliaswood_cmyd

Je me suis très bien entendue avec Gwen, la gérante et créatrice de la boutique CmyD à Amiens. La démarche était cool, on a brainstormé ensemble de ce à quoi devait ressembler sa collection Lorliaswood perso, et j’ai été ravie de découvrir à ma dernière visite que presque tout était parti ! Hâte de renouveler l’expérience, avec elle ou avec une autre boutique.

4) J’ai réfléchi à mon blog.

Ma lecture du blog de Lauren Hooker m’a motivé à faire quelque chose avec le mien pour le rendre plus proche de mon business, plus utile pour les ventes, tout en étant toujours un lieu de partage de mes passions. Évidement, mon excitation et ma motivation des premières semaines est retombée quand j’ai vu la montagne de travail que cela représentait (en plus de toutes les casquettes que j’endosse).
Donc j’ai commencé à faire du vide dans les archives : moins de costume, plus de bijoux (difficile de se séparer de certains billets), et à rédiger des articles qui parlent davantage de ce que je fais maintenant.
C’est une orientation que j’entends continuer, petit à petit. Je pense faire un prochain billet avec un sondage pour voir le type de contenu qui vous ferait le plus plaisir.

5) J’ai replongé dans la créa de costume, un peu.

Je suis tout particulièrement fière de cette pièce là : une blouse 1900 noire en voile de coton et dentelle. Ce n’est pas grand chose, et ma fierté ne provient pas de l’excellence de sa facture ou de son historicité (elle n’est parfaite dans aucun des deux cas), mais de plusieurs autres raisons qui font que j’y suis émotionnellement attachée. Déjà, elle me satisfait beaucoup visuellement (je rajouterais surement un bouton dans le dos, ceci dit) alors qu’elle ne m’a couté que le prix de la teinture noire (tout était blanc à la base) et que je l’ai réalisée sans patron, en une demi-journée. Mais surtout, je suis ravie d’avoir pu enfin intégrer dans un projet les dentelles anciennes héritées de ma mère, et d’authentiques boutons de ma collection. Hors-mi le voile de coton qui provient d’un rideau trop grand, les dentelles sont d’époque 1900 et les boutons peut-être même plus anciens.

6) J’ai réalisé mes premières pièces majeures

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Et je n’en suis pas peu fière. Ces pièces là, si ce sont celles qui me demandent le plus de travail sont celles sur lesquels je m’éclate le plus en terme de design et de choses à raconter. Je vais en faire encore plus en 2016!

     En résumé, 2015 fut une bonne année pour moi. Elle m’a aidée à évoluer et à m’engager davantage dans mon entreprise. Et les encouragements de mon entourage n’y sont pas pour rien non plus (merci chéri, merci les copains). Niveau vente, les 6 premiers mois ont été inquiétants, c’est quelque chose que j’ai partagé avec beaucoup d’artisans. Mais sur l’ensemble de l’année ça n’est pas aussi terrible que ce à quoi je m’attendais et ça se tient avec l’année dernière, malgré l’arrêt des costumes.

Et 2016 ?

Si je ne devais prendre qu’une seule résolution pour la nouvelle année ; ce serait tout simplement de poursuivre les choses engagées en 2015. Pas de révolution, pas de nouveaux projets et promesses que je ne pourrais pas tenir. Continuer à mon rythme, sur cette voie là, encore plus efficacement.
Augmenter la production d’un cran, continuer le blog sur sa nouvelle lancée sans rythme de publication imposé, mieux organiser ma comptabilité au mois, monter un stand pour les marchés…
Et parce que l’évolution de mon entreprise n’est pas aussi rapide que celle de mes projets de vie, je pense chercher un emploi à mi-temps pour mettre du beurre dans les épinards, faut que je vois comment faire coïncider tout ça.

Maintenant, 2016 apporte aussi son lot d’inquiétudes. Avec un coup de gueule particulier envers les pillages divers et variés dont j’ai été témoin en 2015 et que je crains encore pour 2016 (non je ne parlerais pas de l’augmentation des taxes, ce serait redondant). Je vous explique en un mot : l’inspiration. Un seul mot mais tellement de subtilités. Pour certains, s’inspirer signifie ne plus se prendre la tête à se renouveler et prendre directement chez le concurrent les bonnes idées qu’il a eu.
On ne peut pas parler de copycat ni crier au scandale parce que la loi ne nous estime lésés que si l’on nous a copié presque qu’avec exactitude. Alors on nous parlera d’inspiration…
A-t-on oublié ce qu’est l’inspiration ? C’est sensé être un moteur de créativité, au départ. Quelque chose que l’on mûri et digère longuement pour le transformer en une nouveauté qui nous ressemble. D’où vient que tant de gens aient ce besoin de s’approprier ce qu’ils aiment chez les autres ? De prendre ce raccourci qui fait insulte à la créativité dont ils se revendiquent – eux qui savent et endurent également les difficultés de l’artisanat. Ça me dépasse… Mais je suis peut-être idéaliste.
Et ça me choque d’autant plus quand ça vient d’artisans installés et possédants de nombreux fidèles (qui souvent n’y verront que du feu) et que leurs cibles sont des petits artisans moins développés (ceci dit l’inverse est tout aussi naze). Ce rend-t-on compte seulement du tord que ça leur fait ?
Si vous vous posez la question, je ne parle pas particulièrement de moi car je n’ai pas l’impression d’avoir fait l’objet de ce genre d’inspiration (sic). Il y a des choses qui m’ont fait tiquer, oui, mais rien d’alarmant pour le moment, juste de quoi être blasée quelques minutes. Dans le paysage de la bijouterie fantaisie française, il ne me semble pas que l’on soit beaucoup à faire du sculpté, encore moins dans l’esprit de ce que je fais. Mais ça pourrait changer. J’ai aperçu des choses en ce début d’année qui m’inquiètent un peu, on verra.
Mais de manière globale, je l’ai beaucoup vu ces derniers temps et ces petites injustices commencent à vraiment me gaver. Amis artisans, merci donc de relire les définitions des termes « inspiration » et « créativité ». Merci de ne serait-ce que vous poser la question de l’originalité là où l’on peut parfois ne pas se rendre compte qu’on en manque par rapport à sa source d’inspiration. C’est important.

Merci aussi à ceux qui m’ont lu jusque là ^^’ Le coup de gueule a été plus long que prévu.
Bonne et heureuse année 2016 à vous mes lecteurs, clients, et/ou amis, merci de votre fidélité et de votre soutient :)

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