Du Matériel [ask Lorliaswood #2]

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Ce mois-ci, entre la préparation du festival Normannia et de la collection Forest Day – qui vont se succéder très vite, beaucoup de choses se passent dans l’atelier sans que je ne puisse les partager pour le moment. Alors, pour vous faire patienter, et en attendant les prochaines nouveautés de la boutique, j’ai pensé que nous pourrions poursuivre le jeu des questions-réponses commencé cet été. Le sujet du jour sera le matériel que j’utilise pour mes créations.

Si vous souhaitez lire la première partie sur l’inspiration, c’est par ici : De l’inspiration [ask Lorliaswood #1]

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1) Comment choisies-tu tes pierres ?(Magali)

C’est une vaste question. Et, parce que j’ai un certain nombre de critères, choisir mes pierres est toujours un long travail (c’est d’ailleurs début janvier que je fais mon stock pour les 6 premiers mois de l’année – les arrivages devraient être imminents). Sans les dévoiler tous, je citerais tout de même les dimensions, la qualité, la dureté… Et le critère numéro 1 : le coup de cœur. Mon coup de cœur est d’ailleurs souvent initié par une taille originale, qu’elle soit effectuée autour d’un mélange de teintes ou d’opacités ; d’un défaut alors magnifié ; selon une forme harmonieuse… La taille est un art à part entière! C’est aussi une chose que j’aimerais apprendre à faire, quand j’aurais un peu de temps… tailler mes propres cabochons.
Il m’arrive aussi d’avoir une idée très précise des cabochons que je veux lorsque j’aborde certains projets thématiques comme le Forest Day, ou certaines collections comme les deux qui sont sorties dernièrement.

2) As-tu des pierres chouchoutes ? Pourquoi ? (Magali)

Comme exprimé ci-dessus, ce sont les pierres originales qui ont ma préférence : celles dont les défauts deviennent des qualités par la magie de la taille ; celles qui ont des trous, des petites cavités à cristaux ; des formes ou motifs colorimétriques particuliers… Ces pierres là ont un potentiel de mystère qui me charme à tous les coups, et qui challenge également mes capacités à les servir par ma sculpture.
En dehors de ces petits bonheurs, qu’il est long et difficile de dénicher, il y a des pierres que je travaille très volontiers car elles se marient parfaitement avec mon style et évoquent bien la beauté de la nature. Préhnites, agates mousse, et labradorites, par leur inclusions, leurs couleurs et reflets sont évidement les plus fascinantes et celles qui peuplent le plus l’atelier… Mais, bizarrement, elles ne sont pas mes chouchoutes, à moi ;)
Les pierres dont j’aime le plus m’entourer, pour diverses raisons, sont : le quartz fumé, le quartz rose, l’œil de tigre, et l’améthyste ; le plus souvent sous formes de cristaux bruts, de druses, ou de sphères…

3) Où trouves-tu tes fossiles ? Vas-tu travailler avec d’autres spécimens ? (Clémence M.)

Certains de mes fournisseurs de pierres proposent également des fossiles … J’en trouve aussi dans les bourses aux minéraux. Et, oui, j’ai de nouveaux spécimens dans ma manche ;) J’ai quelques orthoceras qui attendent d’être transformés en collier, et de magnifiques cabochons de agate à turritelles.

4) Y a –t-il des matériaux avec lesquels tu aurais aimé travailler mais cela s’avère impossible, pourquoi ? (Suzon)

Oui ! La technique que j’ai choisie génère quelques frustrations quant aux pierres avec lesquelles je peux travailler. Par exemple, je préfère ne pas travailler avec les pierres en dessous de 4 sur l’échelle de Mohs (dureté) afin d’éviter le risque de rayure pendant la sculpture ou d’altération à la cuisson. La malachite, la chrysocolle, et la serpentine, par exemple, nécessitent une attention particulière, c’est pourquoi je les propose rarement en boutique (mais elles sont beaucoup trop belles pour que je vous en prive totalement!). D’autre part, parce qu’une étape de cuisson – même à faible température – intervient, je ne peux pas du tout travailler l’ambre…
J’ai également pensé à d’autres techniques… avant de les écarter. Lorsque j’ai commencé à sculpter mes bijoux à l’argile polymère, il y a presque 4 ans, mon projet a toujours été de passer, in fine, à la pâte de métal précieux. Mais cette transition serait aujourd’hui très couteuse et gourmande en temps – que je n’ai pas, étant seule à faire tourner l’entreprise. En outre, elle me forcerait à abandonner ma méthode de sertissage (sculpter mes tombées de feuilles directement sur les cabochons) et beaucoup de pierres et fossiles avec lesquelles j’aime travailler.
Malgré tout, je pense à une évolution technique mais plus permissive. Je préfère ne pas en dire plus tant que je n’ai pas effectué mes premiers tests satisfaisants.
Après, en termes de limites « matérielles », mes mains m’embêtent régulièrement et je peux de moins en moins m’amuser sur les montages de perles…

5) Pourrais-tu nous montrer les outils avec lesquels tu sculptes tes feuilles et autres ronces ? (Suzon)
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Bien sûr, les voici! Rien d’exceptionnel ; Ce sont de vieux outils, mais après avoir essayé plusieurs choses, je suis revenu à ces simples pièces. C’est ce qui fonctionne le mieux pour moi (la pointe plate du milieu gauche, ne me sert pas à sculpter mais à mélanger mes pigments et peintures lorsque je fabrique ma patine).

J’espère que ce billet aura bien répondu à vos questions, on se retrouve bientôt pour celui dédié à la création même.

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